Tout ira bien

de Jérôme Richer

17.02 08.03 2015

« Nous avons tous une histoire avec les roms / Je veux dire /Nous avons tous une petite anecdote personnelle à raconter où les roms jouent un rôle important » C’est par ces mots que Jérôme Richer commence Tout ira bien, pièce en trois parties, qui est pour son auteur « une tentative pour interroger notre rapport à la communauté en regard des relations que nous entretenons avec les roms, gitans, manouches... ». Sans jugement préconçu, il confronte les opinions et questionne les mécanismes de l'exclusion. Un projet qui mêle adroitement le stand-up, le montage et l'enquête. Avec le désir de tordre le cou à quelques certitudes et l’espoir de briser la distance qui nous sépare les uns des autres. Même si Jérôme Richer ne croit plus en la capacité de l’art de changer le monde, il lui reste la possibilité de changer nos vies. Jérôme Richer a reçu pour l’écriture du texte une bourse culturelle de la Fondation Leenaards ainsi qu’une bourse d’aide à la création de la Ville de Genève en 2012.


Né en 1974, Jérôme Richer se nourrit du réel pour construire ses spectacles. Son travail est proche du théâtre documentaire. Il a notamment écrit et mis en scène La ville et les ombres (2008) sur l’évacuation du squat Rhino, Une histoire suisse (2010), regard subjectif sur l’histoire de notre pays ou encore Je me méfie de l'homme occidental (encore plus quand il est de gauche) (2011) sur la bonne conscience occidentale. La même année, il a fondé le collectif d'auteurs Nous sommes vivants aux côtés de Marie Fourquet, Julie Gilbert, Antoinette Rychner et Philippe Soltermann. La Société Suisse des Auteurs (SSA) lui a attribué à trois reprises son prix à l'écriture théâtrale pour les pièces Naissance de la violence (2006), Ecorces  (2008) et Défaut de fabrication (2012). 

Lettre d’intention du théâtre

 

Jérôme Richer ne traverse pas l'existence en somnambule, un miroir de poche à la main. Le monde, il l'écoute, l'observe, en saisit les frissons et les rumeurs. De cette matière, plutôt qu'une morale, il préfère tirer des spectacles. Qui interrogent, bousculent, grattent là où ça démange.

Quand il est venu nous voir avec son projet sur la « question rom », nous nous sommes dit que l'occasion était trop belle de l'inclure dans la saison 2014-2015. Jusque-là, Jérôme Richer flirtait beaucoup avec le Théâtre Saint-Gervais et il faut rendre grâce à Philippe Macasdar d'avoir couvé un gaillard pareil. La rencontre était d'autant plus opportune que sa proposition collait parfaitement aux grandes thématiques de notre saison : le déplacement, l'exil, la frontière, etc. Et puis, bien sûr, nous avions suivi son parcours qui, depuis maintenant une décennie, témoigne d'une réflexion très personnelle sur notre époque.

Surtout, ce qui nous a séduit, c'est que Jérôme Richer se refuse à céder au manichéisme. Ce qu'il aime explorer, c'est ce no man's land brumeux qui s'étend entre les territoires du Bien et du Mal. Aux réponses trop hâtives, trop rassurantes, il préfère les questions qui déstabilisent. D'une certaine manière, il reprend à son compte cette formule de Romain Gary : « Je suis à priori contre tous ceux qui croient avoir absolument raison. (...) Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. Prenez une vérité, levez-la prudemment à hauteur d'homme, voyez qui elle frappe, qui elle tue, qu'est-ce qu'elle épargne, qu'est-ce qu'elle rejette, sentez-la longuement, voyez si ça ne sent pas le cadavre, goûtez en gardant un bon moment sur la langue – mais soyez toujours prêts à recracher immédiatement. C'est cela, la démocratie. C'est le droit de recracher. »

De toute façon, ce sont moins les idées que les hommes qui intéressent Jérôme Richer. Savoir comment ça fonctionne, cette petite bête-là. De quelle manière ça s'organise en communauté. Comment ça envisage son prochain. Son spectacle s'intitule « Tout ira bien ». Il s'agit d'un clin d'œil à la chanson de Noir Désir, « Le Vent nous portera ». On y décèle également l'expression d'une ironie légère et lucide. Ou, c'est selon, d'un optimisme rafraîchissant. Dans tous les cas, une manière d'aborder les grandes questions de notre époque qui nous plaît bien au Théâtre du Grütli.

Dans ce dossier de presse, Jérôme Richer évoque ses intentions et fournit quelques pistes. Le mieux, bien sûr, c'est d'en parler directement avec lui. Sachez qu'il est disponible et qu'il vous suffit de contacter Rachel Lam (presse@grutli.ch) pour organiser une rencontre. Dans tous les cas, nous nous réjouissons de vous accueillir à l'une des représentations. 

 

Bien cordialement

 

 

                            L'équipe du Théâtre du Grütli 

 



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Entretien avec Jérôme Richer pour le théâtre du blog


© Photos Roland Gerber et Isabelle Meister

Tous les soirs à 20h, dimanche à 18h
Durée du spectacle 1 heure 50  (environ)

Ce spectacle a lieu dans la Petite salle (2ème étage)


Les amarrages
> Mercredi 18 février à 18h30
            « Les blessures enfouies d’un Tsigane français »
            Rencontre avec Raymond Gurême
 
> Jeudi 5 mars à l’issue de la représentation
            « Démocratie : l’enjeu émotionnel »
            Rencontre avec Frédéric Minner, sociologue au Centre interfacultaire en sciences affectives


Texte et mise en scène Jérôme Richer Collaboration artistique Olivia Csiky Trnka
Musique Andrès Garcia Vidéo Nicolas Wagnières Lumières Joëlle Dangeard Costumes Irène Schlatter Maquillage Julie Duriaux  Administration Mael Chalard
Avec Vincent BonnilloFanny Brunet, Mathias Glayre, Frédéric Mudry, Marcela San Pedro

Création. 
Production Tout ira bien  Avec le soutien de la Loterie Romande, Pro Helvetia - Fondation suisse pour la culture, Fondation Ernst Göhner
Co-production Théâtre du Grütli
 

                                


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