Festival de La Bâtie
08.09 12.09 2015

Festival de La Bâtie

La course à la performance : dans sa vie de couple, au boulot, entre amis. Il faut que ça dépote et il faut le faire savoir. Bienvenue chez nous, dans cette société où la compétitivité est érigée en règle absolue, où les corps sont transformés, modifiés pour obéir à une norme imposée.
Nous sommes tous des pornstars : avec ce titre un brin provocateur l’auteur et metteur en scène Jérôme Richer imagine la pornographie comme un reflet déformé de notre société et donne la parole à trois comédiennes venues témoigner de leur carrière dans le cinéma X. Dans un décor épuré à l’esthétique graphique, les actrices se dévoilent avec une grande douceur et une absolue sincérité ; ces femmes sont nos contemporaines, prises dans les contradictions de leur quotidien… comme nous. Les voyeurs s’abstiendront ; les curieux y courront.

Le Ruisseau noir
09.09 20.09 2015

Le Ruisseau noir

De la musique avant toute chose. En guise d'ouverture de saison, le Théâtre du Grütli, en collaboration avec la Haute école de musique de Genève, ouvre son plateau à l'opéra avec une création sur la vie d’Annemarie Schwarzenbach, écrivaine voyageuse suisse.
Pendant l’entre-deux guerres, cet « ange inconsolable », comme l’appelait Roger Martin du Gard, voyagea sans répit en quête de paix et de justice dans un monde au bord du gouffre. La suivre, c'est parcourir une trajectoire fulgurante qui mène de New York, auprès de ses amis Klaus et Erika Mann, jusqu’aux routes de l'Orient, aux côtés d’Ella Maillart, avant de se briser en Engadine dans la solitude qu’elle éprouvait au sein de sa famille. C'est aussi affronter les tumultes de l'Histoire, dont la barbarie reste toujours à combattre et qui déjà porte les germes de nos désillusions modernes. En trois actes et trois langues, Guy-François Leuenberger et Elsa Rooke dressent le portrait fascinant et poignant d’une femme de son temps dont le témoignage reste d’une actualité brûlante.

Le Voyage d'Alice en Suisse
06.10 18.10 2015

Le Voyage d'Alice en Suisse

A défaut de choisir sa vie, Alice semble bien décidée à choisir sa mort. Un billet sans retour pour la Suisse et pour l'appartement du docteur Gustav Strom, qui s'est engagé à l’aider à franchir le pas. En guise de viatique, quinze grammes de pentobarbital sodique.
Après Le Test (Die Probe), Gian Manuel Rau s’empare une fois de plus de l’écriture de Lukas Bärfuss qui, au travers de ce chef d’œuvre contemporain, pose autant la question du droit que celle des motivations à recourir à l’assistance au suicide.

Janine rhapsodie
27.10 08.11 2015

Janine rhapsodie

Julien Mages aime les mots. Il croit au pouvoir de la rhétorique et s'accorde volontiers des respirations poétiques. En outre, le rire – dont on connaît les propriétés cathartiques - ne l'effraie pas. En toute logique, rien d'étonnant à ce qu'il se soit inspiré du Misanthrope pour composer sa rhapsodie. C'est en effet à une variation libre et fantaisiste de la comédie de Molière à laquelle il se livre, dans une langue tour-à-tour savante et populaire. Janine s'est fendu d'un article virulent à l'égard de la prose socio-philosophique d'un entrepreneur. Ce dernier en conçoit une légitime amertume. S'engage alors une joute verbale entre les deux protagonistes, combat de la posture contre la pensée Vraie. Las, dans un monde où le simulacre tient lieu de règle de savoir-vivre, la vérité est sommée de se voiler. Diffamée et outragée, lâchée par les siens, Janine devra se résoudre à quitter la scène pour se confronter à ses propres démons. Un galvanisant jeu de l'égo au terme duquel la pièce la plus fragile se brise.
 

Fête du Théâtre
31.10 01.11 2015

Fête du Théâtre

Tout comme la tristesse, la nostalgie, la colère, la passion, la peur, le rire et les larmes, apprécier ou ne pas apprécier ce qui est montré fait également partie du jeu. Que ce soit un soir de première euphorique ou lors d’un spectacle se déroulant dans une’intimité partagée, le vécu même de l’expérience est le fondement de la proposition théâtrale. Dans un va-et-vient quasi amoureux entre ceux qui jouent et ceux qui regardent, se crée un moment unique, qui se reproduit pourtant chaque soir. La Fête du Théâtre de Genève a été créée il y a trois ans pour célébrer cet art liant des auteurs, des metteurs en scène, des techniciens créateurs et des comédiens au public. Dès la première édition, le public nous a honorés par sa présence, par sa curiosité et son envie de participer. Nous sommes aussi reconnaissants à l’égard de l’enthousiasme et de la générosité de tous nos partenaires : les directeurs et employés d’institutions, les compagnies amateurs et professionnelles, les artisans de la scène, les créateurs ainsi que les auteurs. Durant le week-end de la Fête du Théâtre, la scène genevoise se fait connaître autrement. Vous pouvez visiter les coulisses en compagnie des techniciens ; des metteurs en scène rendent les répétitions publiques ; des directeurs vous font découvrir leur théâtre ; des artistes vous invitent à prendre la place du comédien ou du metteur en scène. Il y a des débats, des conférences, une programmation cinéma, et des invitations, pour les pièces du soir. Cette année, même l’Arsenic et la Manufacture viennent de Lausanne pour rencontrer le public genevois. Nous ne pouvons que vous encourager à vous laisser porter par la curiosité et à venir à nouveau découvrir toutes ces propositions. Nul besoin d’être un érudit ou un spécialiste pour prendre du plaisir.

Imanol Atorrasagasti, Margarita Gingins
 

 

Palavie
17.11 05.12 2015

Palavie

PALAVIE, c'est comme la vie mais en faux. Pour Nadji, cela reste surtout cet espace imaginaire qui lui faisait office de refuge dans l'enfance. Quand il était « Pas-Jean-Paul » et qu'avec sa mère, Arlette, il débarquait en Suisse en provenance d'Algérie. Aujourd'hui, Arlette est morte. Et son fils a pour mission de trouver un cyprès afin de disperser ses cendres. Un cyprès : pas un sapin. Pendant qu'il cherche, sous le regard intransigeant du fantôme d'Arlette, le passé lui revient par vagues et, avec lui, l'enfant silencieux qui résistait au réel. C'est la vie qui s'écoule sous la plume vive et inspirée de Valérie Poirier : une vie dont l'empreinte diffère selon la nature du sol, l'époque, les musiques qui l'accompagnent. PALAVIE conjugue la tendresse et l'humour pour restituer l'itinéraire d'un être que l'exil a dispersé et vendu à l’encan. Après avoir traversé les alcôves chères à Feydeau, Julien George explore avec la même sagacité ces lieux de l'intime où se construit une identité.

Le Baiser et la morsure/ Le Théâtre sauvage
11.12 20.12 2015

Le Baiser et la morsure/ Le Théâtre sauvage

Dans l'opus initial intitulé Le Baiser et la morsure, Guillaume Béguin et son équipe montrent quatre grands singes en quête d'un devenir et d'un langage humain. Poursuivant dans cette veine expérimentale, Le Théâtre sauvage fait un pas en avant et propose de revenir aux sources du théâtre. De remonter à ce jour au cours duquel un individu s'est posté devant un groupe et, sous la forme d'une proto-cérémonie, a pour la première fois imité quelqu'un d'autre. Devant les regards surpris, incrédules ou séduits de ses congénères, il a découvert l'étrange pouvoir de la représentation. Ce pouvoir, Guillaume Béguin s'en empare à son tour. Tirant des entrailles du théâtre ce qui en constitue l'essence, il déploie sur scène un paysage singulier où des êtres primitifs élaborent – sans parole mais non sans heurts – de nouvelles mythologies. S'appuyant sur les travaux de scientifique, le metteur en scène propose une expérience théâtrale et esthétique unique qui nous fait saisir ce qui s'est joué là : l'émergence des sociétés humaines, tout simplement.  

La Route du Levant
15.01 04.02 2016

La Route du Levant

ATTENTION, NOUVELLES DATES
du 15 janvier au 4 février


Dans un commissariat de banlieue, un jeune homme soupçonné de vouloir rejoindre un groupe islamiste à l'étranger doit faire face à un policier aguerri. Commence alors un huis-clos tendu entre les deux hommes. Le cynisme, le mensonge et la manipulation leur tiennent lieu d'arguments.
Dans La Route du Levant, Dominique Ziegler confronte deux individus, deux manières de voir le monde. Une pièce policière haletante où chacun tente de donner le change pour déstabiliser son interlocuteur. Le duel policier se double d’un duel rhétorique qui ne laisse aucun répit aux  protagonistes jusqu’au rebondissement ultime. 

Le Conte d'hiver
26.01 14.02 2016

Le Conte d'hiver

Le roi de Sicile, Léontes, reçoit son ami d'enfance, Polixène, roi de Bohème. Comme celui-ci refuse de différer son départ, Léontes demande à son épouse, la reine Hermione, de le convaincre de rester. Celle-ci parvient à faire céder Polixène. Léontes en conçoit une jalousie féroce et se persuade qu'Hermione le trompe avec son meilleur ami. L'obstination aveugle du roi, qui distille seul le poison qui le gonfle, lui fera perdre tous ceux qu'il aime. Seize années vont passer...
Shakespeare a 48 ans. Il est au sommet de son art. En démiurge inspiré, il mène son histoire au gré de sa fantaisie. Use du deus ex-machina, dompte les ours, ressuscite les morts. Il se joue même des frontières, dessinant des côtes à la Bohème, réinventant la Sicile. Galvanisée par tant de fantaisie, la tragédie se métamorphose en comédie pastorale. Pièce improbable et spirituelle, Le Conte d'hiver se clôt sur le constat que « l'art est aussi vrai que la vie ». Frédéric Polier, qui fraie avec le barde depuis de nombreuses années, s'empare de la partition, en soigne la musique et la distribution, pour déployer avec flamboyance cette fable malicieuse et féérique.  

Imaginer les lézards heureux
25.02 06.03 2016

Imaginer les lézards heureux

Au départ, il y a l'oeuvre de Stig Dagerman, et plus particulièrement L'Ile des condamnés. Des êtres livrés à eux-mêmes sur une île inhospitalière sont confrontés à des lézards géants. Ensuite, il y a cette célèbre formule de Camus : « Il faut imaginer Sisyphe heureux ». S'emparant de l'œuvre et du mythe, Ludovic Chazaud construit une fable nouvelle sur l'absurdité de l'existence et sur la conscience que nous en avons. Tels des naufragés du monde, six personnages se retrouvent sur les marches d'une villa en tenue de vacanciers. Chacun se raconte, évoque un passé lointain, puis ensemble ils tentent d'agir afin de dépasser leur propre histoire et d'échapper ainsi à leur condition. Autour de barbecues, de lézards effectuant leur mue, ils entament alors un jour nouveau placé sous le signe de la folie libératrice. Sur un mode contemplatif ou absurdement délirant la Cie Jeanne Föhn nous propose un spectacle nourri d'imaginaire qui tente de faire la nique à nos angoisses contemporaines. 

Le mensonge, suivi du Silence
03.03 20.03 2016

Le mensonge, suivi du Silence

L'oeuvre de Nathalie Sarraute est traversée de personnages qui « s'effacent devant le verbe qui les traverse », comme le relève l'un de ses préfaciers. C'est que le verbe, chez l'auteure de Pour un oui pour un non, a le profil d'une flèche. Il pointe – et pique - là où le manque se révèle. C'est bien sûr le cas dans ses premières pièces, Le Mensonge et Le Silence, écrites en 1967 et destinées à la radio. Mensonge et silence provoquent une sorte de « trou » dans lequel s'engouffrent le langage et les identités. Chez Sarraute, le vertige advient quand le verbe se dérobe. Ici, une femme s'invente de fausses origines prolétariennes et se voit confrontée à son mensonge, là un homme se tait tandis qu'un autre fait part avec lyrisme de son admiration pour un ensemble architectural. Le drame peut alors se jouer, même si l'humour en ponctue le déploiement. A la manœuvre, Valentin Rossier revisite un univers qui lui est familier et dont il connaît bien les arcanes. 

Qu'il vive
10.03 11.03 2016

Qu'il vive

ATTENTION AUX HORAIRES: jeudi à 20h30, vendredi à 21h15

« Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de n'avoir pas de fruits » René Char
 
Présentée pour la première fois en janvier 2015 au Théâtre 2.21 à Lausanne après une semaine de résidence, cette composition rend hommage au poète René Char au travers d'une adaptation musicale et libre du poème Qu'il vive.
Premier des trois volets des « Compositions du Tiers Lieu » à venir, Qu'il vive s'affirme comme le manifeste d'un paysage de l'esprit. 

A U
16.03 20.03 2016

A U

Deux ans après un concert « punk » mémorable, Kylie Walters réinvestit le Grütli. A ses côtés, l'autrichien Christian Ubl, avec qui elle partage le goût des aventures pluridisciplinaires et celui de confronter les points de vue. Derrière son titre lapidaire et énigmatique, AU tend un lien artistique et fraternel entre l'Australie, le pays dont Kylie est originaire, et l'Autriche. Réunis dans un espace et un temps communs, les deux chorégraphes désirent confronter et interroger leur identité, leur parcours et leur appartenance, leurs coups de coeur et leurs déceptions. Ils le font sur le mode trois-temps, avec la valse viennoise, ou encore au rythme des danses aborigènes. Porté par la cythare et la guitare live de Seb Martel, le projet AU ambitionne de créer un espace poétique inédit, à la fois riche, fragile, plein de force, de surprises et d'imprévus - un « tiers paysage ». Une pièce unique, nourrie de deux parcours fortuits et d'écritures complices, qui se met au service d'une identité secrète et radieuse. 

Les Reines
19.04 08.05 2016

Les Reines

Dans la pièce de Normand Chaurette, ce sont les femmes du Richard III de Shakespeare qui règnent. L’auteur redonne vie à ces reines élisabéthaines et tient les rois loin de l'échiquier. Dans la Tour de Londres les frères d’York et leurs tristes manigances hantent les couloirs, mais ce sont les reines qui rêvent de puissance. Elles sont six, leurs voix s'exaltent, trouent le silence, déposent un suaire sur le souverain Edouard IV agonisant. Lourde est la fatalité sur leurs épaules mais légers sont leurs corps en équilibre sur l'Histoire. Le vertige en viendra pourtant à bout et leur chute témoigne de notre peu de prise sur le monde. Zoé Reverdin précipite ces reines dans les tourments de leur condition ou les élève au-dessus des hommes. Un spectacle qui dénonce les abus et surtout l'absurde d'un pouvoir trop convoité.

Douze hommes en colère
17.05 22.05 2016

Douze hommes en colère

Accusé du meurtre de son père, un adolescent risque la peine capitale. L'affaire semble entendue. Pourtant, au premier tour de délibération, un des douze jurés n'est pas convaincu et a le courage et la détermination de prendre position. En s'emparant de la pièce de Reginald Rose, portée à l'écran par Sidney Lumet en 1957, le metteur en scène Julien Schmutz fait usage à son tour des procédés du cinéma. Jouant des lumières et des focales, épaulé par une formidable équipe de comédiens, il parvient à rendre toute la densité d'une intrigue au suspense soutenu qui, au-delà du cas de figure, traite de la permanence de la bêtise humaine et des préjugés. Créé en 2014 à Nuithonie (Fribourg), ce huis clos haletant a rencontré un succès tant public que critique.

Présentation de saison
24.05 12.06 2016

Présentation de saison

Le grand soir est arrivé. Celui où l’on présente au public une saison pleine de promesses. Les petits-fours sont prêts, les alcools aussi. Dans un peu plus d’une heure, les spectateurs seront là. Mais il y a un mais. Le directeur des lieux a des absences. L’attaché de presse part à la dérive. Le critique est un maniaque textuel. L’ascenseur est en panne. Et un singe espiègle rôde dans le bâtiment. Bref, à l’instar de notre époque en perte de repères, tout part de travers. Comédie absurde sur notre impuissance à changer le monde, Présentation de saison embarque cinq personnages dans un cruel manège désenchanté. Jusqu'à ce que l'un d’entre eux décide de quitter la ronde.